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Linguistique : Le solécisme et le barbarisme

Linguistique : Le solécisme et  le barbarisme

écho-égypte M.A

Le solécisme est une faute bien moins connue, mais beaucoup plus répandue. Alors que la plus connue des fautes de français, mais en fait peu fréquente, est dite barbarisme.

On commet un barbarisme quand on déforme le langage ou écorche un mot, quand on emploie un terme ou une expression inexistants. Le barbarisme peut être lexical (arborigène au lieu d’aborigène) ou grammatical (vous disez au lieu de vous dites). C’est une faute contre la morphologie, la forme des mots. Le solécisme, lui, porte atteinte à la syntaxe ou à la grammaire, lorsqu’on se sert de façon grammaticalement incorrecte d’un mot ou d’une forme qui existent par ailleurs dans la langue. C’est le cas par exemple avec une faute d’attention au lieu d’une faute d’inattention, ou si on conjugue transitivement un verbe intransitif.

Dans l’Antiquité, le grec barbarismos désignait déjà un expression fautive, vicieuse. Le mot avait été forgé d’après barbaros, «l’étranger». Et le solécisme est attesté en France dès le XIIIe siècle au sens de «faute contre les règles du langage». Il nous vient aussi de Grèce : une colonie d’Athéniens établis à Soles, en Cilicie, qui avaient la réputation de mal parler le grec, lui a donné son nom

Certaines de ces erreurs sont très courantes, particulièrement à l’oral. Si courantes que la faute d’hier peut finir par être acceptée par des grammairiens, l’usage façonnant la langue au moins autant que les règles. Ainsi l’emploi du verbe « supporter » au sens d’encourager (supporter une équipe de volley), calqué de l’anglais to support, reste critiqué par certains mais est accepté par le dictionnaire Le Robert. Et la frontière entre barbarisme et néologisme peut être mince. On pourrait même dire que les néologismes sont parfois des barbarismes qui ont réussi ! Pensons à «abracadabrantesque», forgé par Rimbaud au XIXe siècle, remis au goût du jour par Jacques Chirac en 2000, et entré au Larousse en 2012…

«C’est à l’audace de leurs fautes de grammaire que l’on reconnaît les grands écrivains», écrivait Henry de Montherlant.

Car on peut s’affranchir des règles de la grammaire par licence poétique, ou plus modestement pour surprendre son lecteur ou son interlocuteur. Mais puisque pour s’affranchir des règles il faut d’abord les connaître, nous vous avons préparé un petit rappel dans ce diaporama!

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